Tag Archive: perdus de vie


attendant la fin,

fin de toute attente

g.r.

 

attendant

machin chose

Par Gérard Reyne · samedi 20 novembre 2010
Roland Topor

Roland Topor

 

au train où vont les choses,

celles de la vie,

pas à pas,

au bord du gouffre,

quand il n’y en a plus qu’un,

le faire ou pas,

surtout bien réfléchir,

cette distance, la même,

celle de l’instant passé au suivant,

vertige,

du moment qui ne sera jamais plus,

de celui qui pourrait ne pas advenir,

exister à la mesure du principe d’incertitude,

sûr de n’être que fugitif,

ancré dans ce voyage,

venu, par hasard,

parti sans laisser de trace,

témoin hagard

d’une aventure sans avenir,

d’un parcours sans itinéraire,

intérimaire de la vie,

souffle intermittent,

transport sans joie,

projet en vacance,

avancer encore

vers ce qui s’efface,

dans l’ombre

du décor

 

gérard reyne

 

Roland Topor

Roland Topor

Par Gérard Reyne · mercredi 29 décembre 2010

chien [voir piano] :

le chien est un animal très sensible,

le chien est trop bruyant,

le chien remue la queue pour un rien,

devant sa niche

ne pas s’asseoir trop près du chien,

qui vous prendrait pour un os,

mais s’abriter plutôt sous le piano,

qui vous laissera ronger tranquillement,

alors que le chien,

jamais

 

CHAVAL. Il n'a pas l'aire bête, votre chien

CHAVAL [Yvan Le Louarn], (1915-1968)

Il n’a pas l’aire bête, votre chien

 

piano [voir chien] :

le piano est un instrument très humide,

le piano est très sensible,

le piano aqueux pleurniche pour un rien,

ne pas se réfugier sous le piano afin d’éviter la noyade,

n’hésitez pas à vous installer sur le chien,

qui éventuellement vous cédera sa place,

alors que le piano,

jamais

g.r.

 

CHAVAL [Yvan Le Louarn], (1915-1968). Marchand d'pianos

CHAVAL [Yvan Le Louarn](1915-1968)
Marchand d’pianos

Par Gérard Reyne · mercredi 29 décembre 2010
Roland TOPOR

Roland TOPOR

–          une question se pose

–          à qui donc ?

–          c’est à vous que je l’adresse, ou à défaut à quiconque voudra m’écouter

–          je vous entends bien

–          que vous dîtes ! mais déjà, vous ne me recevez plus

–          encore une de vos idées toutes faites, comme si je ne cherchais pas vraiment à comprendre ce que vous avez voulu dire

–          vous voilà bien, on vous reconnaitra tout de suite, à chipoter, pour un rien, tout bonnement pour éviter de prendre parti

–          vous en avez de drôles, comme si on pouvait répondre tout de go, sans se donner le temps d’y penser, après tout, la question que vous soulevez est fondamentale, primordiale même, peut-être bien antérieure à toutes les réponses à toutes les questions …

–          vous avez raison, les vraies questions restent toujours sans réponse

–          ça, ce n’est pas une réponse

–          oui, mais là n’est pas la question

–          vous me mettez au supplice

–          je ne répondrai pas à la provocation,

–          je ne vous comprends plus, comme si ce n’était pas vous qui avez commencé

–          je constate que vous restez sans voix

–          quoi ?

–          non, je disais simplement que vous restez coi

–          alors là, je ne vous suis plus, du tout

–          je ne vous demande pas de me suivre, mais de suivre mon raisonnement, ce n’est pourtant pas la mer à boire

–          c’en est trop, la pilule est amère, après tout ce que j’ai fait pour vous …

–          ne dramatisez pas, nous avons un débat, nous ne sommes pas du même avis, accordons nous sur ce qui nous sépare, ceci sera un nouveau point de départ

–          encore une fois, on vous donne la parole et vous vous réfugiez dans le retrait et silence

–          le silence est à l’origine de tout

–          oui mais tout ne fait pas toujours silence

–          vos mots font tant de bruit

–          la preuve est faite qu’en ce moment, contrairement aux apparences, vous parlez tout seul, vous refusez le dialogue

–          entretemps, le silence s’est fait chair, la chair a créé le verbe et …

–          parole d’évangile !

–          trop facile de se moquer, à croire que vous et moi …

–          ce n’est pas la même chose

 

g.r.

Par Gérard Reyne · samedi 1 janvier 2011

 

les pieds devant,

les pieds derrière,

les pieds au mur,

si possible,

sur un pied de nez

 

g.r.

 

roland-topor-french-1938-1997-self-portrait-with-the-grim-reaper

Roland Topor (French, 1938-1997)
Self-portrait with the Grim Reaper

Par Gérard Reyne · vendredi 7 janvier 2011

le temps à cessé d’exister depuis l’origine des temps

 

g.r.

Par Gérard Reyne · samedi 25 juin 2011

un jour, mâtin qu’il était à soiffer, goulûment, d’un trait de plume à serrer le vice, il écrit à la bouteille une sonnaille à son oreille avide :

 

chère bouteille,

 

ne sachant à qui s’adresser, poser le problème comme ce qui est énoncé – si cela est vrai, comme il transparaît – au travers du récipient – considérer un espace – membrane – la fin de ce qui est extérieur – la limite de l’intérieur – sans savoir – ce qui est dehors, dedans – la bouteille est peut-être à l’intérieur de l’eau – comme le fruit dans le ver – s’il est vrai – la mer est peut-être dans le vague – voire – s’il importe que fermée tant qu’ouverte, donnée comme reçue, dans la vague disparaît la fiole, se perd – s’il appert que les échanges, par la bande, celle de moebius, rien qui ne sera dedans qui ne soit hors – ce qui est celé est à l’abandon – si cela était, sans fin ni commencement – sans savoir délier l’avant d’après – à l’heure de toutes les heures, sans un instant présent – la bouteille naviguant sur l’océan des causes – d’un port sans attache à l’autre bord – un tour de goulot pour un tour du monde – si las! d’un trait, la boire, s’il le faut, comme on vide une querelle – toute honte – la jeter à la mer d’écume – toute rage – sur la table d’un bouchon, noyer son ire – dans un verre – son chagrin comme bouteille à l’amer – si cela était nécessaire, jeter la mer avec l’eau du bain.

s’il est vrai – le dire puisque trahir il faut l’émotion d’être  parlé – comme en terre planté – trompé d’avoir été – commentaire d’asile – articuler une pensée – comme vivent les roses – pris à la racine – embourbé, dire que la bouteille est à flot – au gré du vent – sans rien dire, maugréant tout au plus – ballottée sans savoir quel est son vide – sans discernement – attachée à séparer le flot du vrai – aux peines, béante, à peine entrouverte – dire – que la bouteille est en peine d’être creuse – pleine d’incertitude – à la dérision – virant de bord comme paille sur l’océan – ancrée à la rive qui lui manque, débordée – à la dérive, sans raison – bouteille à l’âme, erre.

tant vrai que bouteille comme oreille à la question des origines, sphinx des nuits sans astre, elle se creuse au nouveau ressac, se plie au rocher ardent tant que ses flancs se brisent à l’étrave du radeau – comme éponge, pressée par le temps, en mal de ne rien retenir – ivre de contourner, lasse de délivrer – ne sachant ce qui est à sa source – cherchant en vain jusqu’à la lie – sans fond comme tonneau – sans fin – sans penser ni dire – sans respirer tant elle a soif.

la bouteille, perdue, se retrouve-telle jamais? appartient-t-il à ceux qui connaissent les réponses de reconnaître ceux qui savent les questions? la bouteille, au vent qui passe, jetée, bientôt finira par retomber dans le flot.

g.r.

Par Gérard Reyne · samedi 25 juin 2011

drame sur fauteuil de troubles, divan rocailleux, passé sans avenir, années désertes, allées revenues

 

g.r.

Par Gérard Reyne · samedi 25 juin 2011

voyez ce jour comme me délabre d’heur en ce moment que vous constatez que point figure de proue que temps à la mode qu’il me semble gonflé à l’étiquette, sans parler d’échauguettes qui sont trouées

g.r.

adieux …
Par Gérard Reyne · samedi 25 juin 2011

avant de nous quitter, ne nous oubliez pas, votre savoir-vivre, vos petites manières, à qui les remettrez vous, avant de trépasser, vos petits émois, entre deux, au moment de chier l’âme, vos souvenirs, entre nous, où les suspendrez vous ?

gérard reyne

 

Roland-Topor. Le voyage

Roland TOPOR. Le voyage

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