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Le Progrès (Lyon, 18 avril 1982)

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Le faiseur de guitares

Dans un vieil immeuble du sixième arrondissement de Lyon, deux grandes pièces lui servent d’atelier. C’est au 6 de la rue Michel-Perret. Une simple plaque de bois signale son atelier.

Artisan luthier depuis 1968, c’est un ancien ouvrier ébéniste. Fils d’immigré arménien, il est Lyonnais jusqu’aux bouts des ongles. Alexandre Boyadjian a 50 ans. Petit, sec, le tient mat, la ride profonde, Alec trébuche parfois sur un mot comme un homme trop pressé de faire partager ses passions. « J’ai grandi dans un monde de chant et de musique. Une ambiance que l’on retrouve encore ici dans les mariages arméniens ». Jeune homme, il apprend à jouer de la guitare. A l’âge de 14 ans il s’embauche comme ouvrier ébéniste. Dans les petites entreprises où il travaille le patron est à l’établi aux côtés des compagnons. Patron-père ou patron-copain, « … mais quand venait le moment de la paye, c’était autre chose, raconte Alec ».

Dans les années soixante, il s’essaye à « bricoler » quelques guitares. Puis, brusquement, après vingt-deux ans de travail salarié, il décide de franchir le pas et de s’établir comme artisan. Pendant quatre ans il fabrique des meubles et quelques instruments de musique avant de se consacrer exclusivement à la lutherie. « il y a des gens qui me disent « bravo, vous vous êtes sorti de la condition ouvrière ! » C’est du bidon, car je sais bien que si j’avais eu une famille, je n’aurais jamais bifurqué ».

La rosace est la griffe du luthier. Cet élément décoratif est réalisé entièrement à la main. Le luthier taille un petit plot de bois tendre de 6 mm de côté et de 5 ou 6 cm de long. Sa surface est divisée en cases minuscules comme une grille de mots croisés. Dans chacune de ces cases, le luthier enfonce de fines flèches de bois de couleurs différentes. Le dessin apparaît alors à la surface du plot

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Le plot est ensuite découpé, comme un saucisson, en sections de 2 mm d’épaisseur. Ces « rondelles » sont incrustées dans la table d’harmonie pour donner la rosace.

Sur le tas

Ses débuts en lutherie sont difficiles. Il tâtonne, sacrifiant plusieurs luths et plusieurs guitares à l’apprentissage du métier. D’autant que la corporation est une petite famille très fermée où l’on n’entre pas si facilement. « J’ai dû descendre moi-même à Marseille pour acheter deux mètres de barrette qui coûtaient 1 F 50 ! »

Alec cherche pendant vingt ans la structure idéale de ses guitares. Il modifie chaque mois la partie maîtresse de l’instrument : le barrage (voir notre photo en haut à droite). Depuis un an il a, pour l’essentiel, trouvé la solution. Et il y a déjà quelques années qu’il a passé le cap de la guitare de haut de gamme. Comme tous les luthiers, Alexandre Boyadjian fabrique toujours le même modèle de guitare. La notion de commande n’existe pas. Pourtant chaque instrument est unique, doué d’un son particulier, d’une « personnalité » propre. Et au-delà de la qualité, le bon musicien recherche la guitare avec laquelle il pourra établir un lien privilégié.

Un marché difficile

Aujourd’hui, les trusts japonais produisent de bonnes guitares à des prix imbattables sur le marché français. Mais les luthiers ont (encore) une corde de plus à leur manche : la qualité. Grâce à des secrets de fabrication jalousement protégés, ils tiennent toujours le marché des guitares de concert. A Lyon, ils sont deux. « Le danger c’est de s’enfermer dans l’autosatisfaction, explique Alec, ou de marcher dans le mythe de l’artisan merveilleux. Il y a de bons et mauvais artisans comme il y a de bons et mauvais ouvriers. Et il faut constamment se remettre en cause, toucher à d’autres instruments. Etre à l’écoute des musiques et des musiciens ». Alec apporte un soin particulier au choix de son bois. Chaque année il se rend à Mittenwald, en Bavière, chez des marchands de bois précieux. Il sélectionne chaque planche   d’épicéa   des   Carpates   et   de   cèdre   rouge

Texte de Marc Giouse
Photos de Vincent Dargent

d’Alaska. Le fil du bois doit être très serré et la planchette la plus sèche possible. Il choisit aussi des pièces de teck, d’acajou, de palissandre et d’ébène. Ces bois sont coûteux et la fabrication d’un instrument exige deux bonnes semaines de travail. En définitive une guitare d’Alexandre Boyadjian coûte entre 7 et 8.000 francs. Cela peut paraître cher. Mais de nombreux amateurs, mordus de guitare, et des musiciens professionnels estiment que le son vaut largement la dépense.

Quelques-uns de ces clients sont devenus des amis du luthier. Alec cite pêle-mêle des guitaristes lyonnais : Thomas Navas, Gérard Reyne, François Castet, profes­seur au Conservatoire.  « Un des rares profs avec qui j’ai toujours eu des rapports désintéressés, souligne Alec ».

II   fait, là, allusion à certains professeurs qui envoient leurs ouailles acheter un instrument pour réclamer ensuite une commission sur le prix de l’instrument vendu. « Le monde la musique » avait dénoncé ces pratiques, il y a quelques temps, dans un petit article intitulé « Le gang des Lyonnais ».

Alec hausse les épaules. Il préfère parler des guitaristes qu’il aime. Les classiques anglais Williams et Bream. le jazzman Django Reinhart, l’andalou Paco de Lucia. « Je me souviens de ce concert fantastique dans les arènes d’Arles … »

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Alexandre Boyadjian « ferme » sa guitare en collant la table d’harmonie sur les éclisses et sur le manche. La durée de vie de l’instrument dépendra de la déformation de la table. Une guitare vit en moyenne 15 ans. « Je travaille pour que les miennes durent 30 ans », précise Alec.

A ce stade de la fabrication, les dés sont jetés. La structure interne de la guitare ne peut plus être retouchée …

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Le manche de la guitare est composé de deux parties distinctes. Le manche proprement dit est une barre en acajou collée sur le fond et sur les éclisses. La plaque de touche, en ébène, est ensuite collée sur le manche (notre photo).

C’est sur cette plaque que viendront se placer les barrettes, puis les cordes, et enfin … la main gauche du guitariste

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La table d’harmonie est la pièce maîtresse de l’instrument. C’est une planche de cèdre rouge ou d’épicéa qui va recouvrir la guitare. Elle supporte le barrage, sorte de charpente consti­tuée de fines lamelles de bois. Le rôle du barrage est fondamental : il assure la rigidité de la table et, contradictoirement, lui permet de vibrer le plus vite et le plus longtemps possible. La qualité du son dépendra de l’épaisseur de la table (travaillée au 10e de mm) et de la structure du barrage (propre à chaque luthier).

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Le fond de la guitare supporte trois barres de bois destinées à lui donner la plus grande rigidité, possible. Il s’agit d’éviter l’interférence des sons.

Les côtés de la guitare s’appellent les éclisses. Ce sont deux plaques de palissandre auxquelles le luthier a donné une forme sinueuse en les chauffant fortement. Après ce cintrage à chaud, les éclisses sont collés sur le fond (notre photo).

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Cello Suite No.1 in G major, BWV 1007 (Bach, Johann Sebastian)

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For collections of all Bach’s cello suites, see 6 Cello Suites, BWV 1007-1012.

Cello Suite No.1 in G major, BWV 1007 (Bach, Johann Sebastian)

Movements/Sections

7 movements

Composition Year

1720?

Genre Categories[TAG]

Suites; For cello; Scores featuring the cello; [27 more…]

Arrangements and Transcriptions (39)

2.2 Arrangements and Transcriptions

2.2.1.5 For Guitar (Reyne)

Complete Score (with facsimile)

#449691 – 2.60MB, 38 pp. –  246810  (0) – !N/!N/!N – 2x⇩

jsb-bwv-1007-2016-8-scribd-_vignette

PDF / Graveur :  Gerard Reyne (2016/12/3)

Arranger : Gérard Reyne

Édition : alma / Gérard Reyne, 1964/1975/2016

Droit d’auteur : Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 [tag/del]

Notes : Johann Sebastian BACH (1685-1750) •  Suitte 1.re a Violoncello Solo Senza basso [BWV 1007] with a facsimile source by Anna Magdalena BACH transcription, edition for guitar : Gérard REYNE (1964/1975/2016). IMSLP

tags : alma, anna magdelena bach, BWV 1007, cello suite no. 1, db-mus. ms bach p 269, edition for guitar, facsimile, gérard reyne, guitar, imslp, johann sebastian bach, license creative common, lyon, music, music score, notes, scribd, score, source, staatsbibliothek zu berlin, transcription, urtext

BACH, Johann Sebastian • Suitte 1.re a Violoncello Solo Senza Basso [BWV 1007] (ed. for guitar Gérard REYNE) (2016) (facsimile and score)
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Johann Sebastian BACH
(1685-1750)
Suitte 1.re a Violoncello Solo
Senza basso [BWV 1007]
with a facsimile source
by Anna Magdalena BACH
transcription, edition for guitar
Gérard REYNE (1964/1975/2016)

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Practical edition
Notes
Urtext edition
Source,
Facsimile
38. pp

© Gérard REYNE (1963/2016) Licence Creative Commons : CC-BY-NC-ND
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tags : alma, anna magdelena bach, BWV 1007, cello suite no. 1, db-mus. ms bach p 269, edition for guitar, facsimile, gérard reyne, guitar, johann sebastian bach, license creative common, lyon, music, music score, notes, scribd, score, source, staatsbibliothek zu berlin, transcription, urtext

https://fr.scribd.com/document/332872856/BACH-Johann-Sebastian-Suitte-1-re-a-Violoncello-Solo-Senza-Basso-BWV-1007-ed-for-guitar-Gerard-REYNE-2016-facsimile-and-score

 

ce silence, enfin,

comme un denier cri,

qui ensevelira

tous les mots

du monde

_________
gérard reyne

 

shitao-zhu-ruoji-the-sixteen-luohans-1667

Entrer une légende

SHITAO (Zhu Ruoji)
The Sixteen Luohans
(1667)

ultimo sospiro —

absent,

au présent,

comme au passé,

au dernier mot

comme au premier souffle,

à la fin sans recommencements

gérard reyne

 

 

Topor, Roland. [j'écoute]

Roland TOPOR

aujourd’hui,

il sera déjà trop tard,

alors, demain …

 

__   gérard reyne

_______________    Roland TOPOR.
La tête à l’envers (lithographie)

TOPOR, Roland. La tête à l'envers, Lithographie, 59 x 45

sortir, enfin, d’un rêve

qui ne nous aura mis bas

en ce monde

que pour mieux nous expulser

de l’univers

y songer …

__   gérard reyne

______________   Franz Kafka. Der Denker

Franz Kafka. Der Denker

attendant la fin,

fin de toute attente

g.r.

 

attendant

l’inhumain est une caractéristique 

propre au seul genre humain, et 

l’oeuvre de son unique responsabilité

gérard reyne

 

#_fb l'inhumain

 

 

avec …


Krishna le Bouddha

Marx Engels Lénine

Freud Mao Mahomet

Jésus Che Guevara …

vous aviez cru

posséder la clé …


il y a si longtemps

que la serrure

n’ouvre plus

aucune porte …


gérard reyne

avec …

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