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si affligé ces temps-ci,

que j’vais crever,

sans bien-même

avoir l’temps

d’mourir

Roland Topor (1938 – 1997)

Autoportrait présumé à la faucheuse

Support : ink

Taille : 26 x 19 cm. (10.2 x 7.5 in.)

de vie à trépas,

j’ai vérifié,

il y a bien

trois enjambées,

je les ai comptées

gérard reyne

Roland Topor

en fin de conte …

ainsi fut fait,

en fin de conte …

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d’après Giovanni Battista Piranesi : Le Carceri d’Invenzione, plate XIV: The Gothic Arch

Artiste : Giovanni Battista Piranesi (1720–1778)

Titre : Le Carceri d’Invenzione, plate XIV: The Gothic Arch

Description : 12th plate in the first edition of Le Carceri d’Invenzione (plates II and V aren’t printed in the first edition)

Date : vers 1745-1750

Technique/matériaux : eau-forte

Dimensions : Hauteur : 41,0 cm ; Largeur : 53,0 cm

Lieu de fabrication : Italy

Source/Photographe : Leiden University

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/be/Giovanni_Battista_Piranesi_-_Le_Carceri_d%27Invenzione_-_First_Edition_-_1750_-_14_-_The_Gothic_Arch.jpg

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prière

d’oublier,

mon absence,

le temps venu,

ce rêve inachevé

de fin d’artifices,

ce feu de paille

en étincelle

du malheur,

dernier grain

de poussière d’étoile

d’un ciel

sans azur

g.r.

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Shitao China, 1641–d. after 1707
Title: 墨竹

Medium: mounted, paper
Size: 27 x 29 cm. (10.6 x 11.4 in.)

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ultima

émoi, pensée, souffle,

derniers spasmes,

aucune trace

dans le chaos primordial,

aucun écho

dans le monde d’ici-bas,

vide intérieur évanoui,

dispersé dans le vide sidéral,

à boucle cousue,

dernier chant de la vie chimérique,

chute sans sursaut,

fin de tous les commencements,

hors tout,

ainsi fut fait

gérard reyne

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Zoran Music (Bukovica, Slovénie, 1909 – Venise, 2005)

Paysage italien

Encre, gouache et lavis sur papier marouflé sur toile
40,5 x 55,5 cm

Signé et daté en bas à droite : MUSIC 74.

corps exsangue, 

âme à l’écart,

mise au rebut,

voix sans souffle,

que reste-t-il

de ces années

fanées,

de ces allées

sans revenues,

de ces mots

sans écho,

de ces avenirs

au passé effacé,

qu’un seul bref soupir

disparu,

dans le fracas du temps

gérard reyne

KAFKA, Franz « Homme sur une table »

illustration pour le roman « Le Procès »,1925, collection du Musée Franz Kafka, Prague

Crédits Fine Art Images/Heritage Images – Getty

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KAFKA, Franz. Un homme à table, illustration du « Procès » en 1905 (collection du Muséum de Prague• Crédits : Fine Art Images/Heritage Images. Getty

exit

abstrait, 

le plus souvent mort à moi-même, 

corps souffrant à l’agonie, 

qu’attendre sinon l’ultime séparation, 

commencement sans renouveau

gérard reyne

SHITAO. Farewell Landscape for Mr. Wuweng (1689)

SHITAO. Farewell Landscape for Mr. Wuweng (1689)

Handscroll ink on paper, Overall: 12 3/16 x 399 7/16 in. (31 x 1014.5 cm) Image: 10 7/8 x 107 13/16in. (27.6 x 273.8cm)

Seattle Art Museum

http://scalar.usc.edu/works/samosci/media/shitao-farewell-landscape-for-mr-wuweng-1689

fracassé, vermoulu, 

abattis au plus bas 

à chercher l’enfer

où je suis déjà

venu, le moment,  

de poser le sac, sur le tas,

décharge des os usés

sur le bord, aucun réconfort

ultime effort pour abandonner

un souffle, dernier désaveu,

jamais  trop tard pour désêtre

parti pour ne plus paraître

absent sans avoir existé

déjà plus ne m’en souviens

— gérard reyne

Arnold Bocklin. Herbst und Tod [1871] (The ride of death). München, Schack Galerie

no time —

os rompus,

désir enfuis,

âme brisée,

consummée,

livrée, sans

plus attendre, 

au feu du souffle

sans retour

— gérard reyne

no time

no more

ainsi vivions-nous, était-ce aimer,
les jours sont clos, vous vivez,
le ciel s’en va, tout s’efface,
je pars, mais vous vivrez

pour oublier …

gérard reyne

 

Caspar David Friedrich. Lever de lune sur la mer (circa. 1821)

Caspar David Friedrich. Lever de lune sur la mer (circa 1821)

Huile sur toile, 135 × 170 cm.

Musée de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg

dernière bouteille …

mourir aux autres, après être si souvent mort à soi-même, dès les premiers temps de cette vie minuscule, douleur, ou soulagement ?

repensant à ce rabbin de Cracovie qui parcourait les rues, comme fou, éploré, implorant : « mes soeurs, mes frères, aidez-moi, je connais toutes les réponses … qui connaît les questions ? », surgit cette interrogation : (qu’)aurait-il  répondu ?

nous entendons, trop souvent, que l’inconscient frappe à la porte, si fort, qu’on pourrait croire qu’il est le seul à parler, comme s’il suffisait d’écouter

ce qui se comprend un jour ne répare pas l’ouvrage du temps, n’évite pas le questionnement de l’alternative, quand dire, ou taire, à qui s’adresser, en quel espace imaginaire, autre que dieu, ce non « lieu » qui ferait sens, celui-là même qui reste éternellement sans répondre ?

le temps d’écrire ce message n’est jamais que la marque du silence , dernière demeure, sans adresse, après, comme avant le passage …

gérard reyne

MUŠIČ, Zoran. Cavallini (1953)

• lithograph in colours

• arches paper, signed in pencil and numbered 166/250

• published by Guilde de la Gravure

l’avenir sera à la nuit

la nuit durera le jour entier,

et ce jour sera le dernier

gérard reyne

Zoran Mušič. Non siamo gli ultimi

Zoran Mušič. Non siamo gli ultimi

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